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#roman français
fleurdusoir · a day ago
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Dieu aime les bons chanteurs. Leur voix et la voix de leur harpe pénètrent le coeur des hommes, réveillent leurs souvenirs chers et leur font oublier maint deuil et maint méfait.
Joseph Bédier, Le roman de Tristan et Iseut
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culturefrancaise · 7 days ago
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"Les leçons de l'école normale restaient ineffaçables. Au cours de ses lectures, pourtant, quelques aristocrates avaient trouvé grâce devant lui : du Guesclin, Bayard, La Tour d'Auvergne, le chevalier d'Assas, et surtout Henri IV, parce qu'il galopait à quatre pattes pour amuser ses petits enfants. Mais d'une façon générale, il considérait toujours les "nobles" comme des gens insolents et cruels, ce qui était prouvé par le fait qu'on leur avait coupé la tête. Les malheurs n'inspirent jamais confiance, et l'horreur des grands massacres enlaidit jusqu'aux victimes."
Marcel Pagnol, Le château de ma mère.
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orendil · 7 days ago
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Changer le monde, ce n'est pas une question de vérité, au fond. Ni même de justice. C'est une question de... sourire. Rendre le sourire à des gens qui ne pensaient plus y avoir droit.
Éric Senabre, Le dernier songe de Lord Scriven 
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orendil · 8 days ago
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C'est comme les gens qui s'imaginent qu'ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où qu'on aille, on s’emmène avec soi.
Neil Gaiman, L'Étrange vie de Nobody Owens
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ciphertri · 9 days ago
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赤いオルタンシア”Rose du Japon”3
今度はフランス語版を掲載。
Translation of a short story, this time in French.
Version en français
 Regardez. Cet hortensia est rouge.  Quand j'ai essayé de l'approcher par curiosité, il m'a arrêté.  -La raison pour laquelle l'hortensia est rouge est que le sol est alcalin.  C'est vrai.  Quand j'ai posé ma main sur un hortensia bleu à proximité, il a dit.  -Les bleus sont agréables à regarder, mais ne les offrez pas en cadeau.  Avant que je puisse demander pourquoi, il a répondu paresseusement.  --Parce qu'il a un langage fleuri qui résume tout ce qui ne va pas avec les femmes.  Je sais que c'est un type oblique, mais je pense qu'il y a une meilleure façon de le dire.  Il regarde par la fenêtre. Il pleut un peu fort, comme si de grosses gouttes d'eau rampaient sur le verre.  --En France, on appelle l'hortensia "Rose du Japon".  Wow, c'est surprenant.  Il s'est approché d'un vase d'hortensias rouges et en a sorti un. Il tient une magnifique branche avec une seule grande fleur et la pointe vers moi.  --Les Français n'humilient pas tant que ça leurs femmes. Même le langage des fleurs est différent.  C'est vrai ?  Il a hoché la tête.  --Louer une fleur, c'est comme louer une femme. Les fleurs et les femmes poussent mieux lorsque vous les félicitez.  Alors pourquoi tu le dis comme ça ?  Il pousse un hortensia rouge vers moi.  -Quel est le langage des fleurs pour les roses rouges ?  L'amour, je suppose.  Il rit.  --C'est à peu près ce que ça veut dire. Mais "Rose du Japon" est un mot plus modeste. C'est un compliment pour les femmes de toute façon.  Je tiens dans ma main l'hortensia rouge qui semble ne pas s'accommoder de la pluie et je souris un peu.  Apparemment, il en était satisfait.
※今回もDeepL翻訳頼りです。フランス語? 頑張っています。はい。
 やっぱりフランス語は分からないので、変な表現になっているところもあると思います。そういうところを指摘してもらえると助かります。
Je ne comprends toujours pas le français, donc certaines expressions sont étranges. Ce serait formidable si vous pouviez me signaler de telles choses.
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fleurdusoir · 11 days ago
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Les amants s'étreignirent ; dans leurs beaux corps frémissaient le désir et la vie.
Joseph Bédier, Le roman Tristan et Iseut
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ab-auteure · 11 days ago
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Fondamentalement détestable
Critique d’un roman noir
Roman écrit par Fabrice Causapé, auto-édité en 2020.
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📖 Vous avez peut-être déjà serré la main de ce type. C'est un vieil ami, un collègue de travail, ou juste un client. Il a souvent l'air un peu bizarre, mais dans le fond il n'est pas méchant, n'est-ce pas ? Pourtant, ce type est progressivement envahi par un virus intérieur. Vous n'imaginez pas à quel point ça le ronge, ça prend possession de lui. Ce type, c'est Vincent. Un gars lambda, avec une vie moyenne, pas palpitante, mais sans trop d'emmerdes. Jusqu'à ce qu'il croise la route de mauvais badauds et qu'il se retrouve dans le coma. Là, tout change.
Avouez que le pitch donne envie ! Moi qui suis fan des descentes aux enfers, des affreux personnages, des thrillers psychologiques, j'ai sauté sur l'occasion. Ce roman, je l'ai gagné par chance lors d'un concours organisé sur Instagram et je l'ai lu dès réception.
La société remise en question
Imaginez qu'on vous tape un grand coup sur la tête et que vous vous réveilliez quelques jours plus tard avec une étrange amertume dans la bouche et un filtre sur la rétine. Le monde n'est plus opaque, il est noir (ou rouge sang). C'en est ainsi pour Vincent pour qui la vie est tout à coup devenue minable. Il remet en cause son existence, son mode de vie et toute la société à laquelle il s'est conformé comme un bon petit Français de la classe moyenne. C'est trop pour lui. Cet aspect-là est pour moi le plus intéressant du roman. 99% du temps, je ne suis pas d'accord avec le narrateur (qui est aussi le protagoniste, Vincent donc), mais c'est là que le titre du roman m'apparaît de manière évidente : Vincent est fondamentalement détestable. Ce n'est plus simplement en surface qu'il est exécrable, c'est dans ses pensées les plus profondes, dans ses pulsions les moins bien motivées. Et en cela, l'auteur réussit son pari. Autant de racisme, de sexisme, de clichés validés, de spécisme, d'ignorance, de radicalisme, ça débecte !
Une intrigue prétexte
Pourtant, j'ai souvent décroché de la narration, pour plusieurs raisons.
Le style inégal : passer d'une belle description imagée à la narration express et sans détail d'une agression qui se révèle être le tournant de l'histoire, ça me chagrine. Passer d'un choix de mot précis, d'une écriture presque poétique, à des répétitions de termes qui résonnent à l'oreille comme un mauvais souvenir auditif ou à des tournures syntaxiques alambiquées, ça me chagrine aussi. Il y a des maladresses, notamment quand l'auteur passe du passé au présent d'un chapitre à l'autre et sans aucune justification narrative. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on pourrait penser à une écriture à quatre mains, mais j'ai quand même envie de parler d'irrégularité dans la forme.
L'accident à l'air d'un prétexte : la tête dans un trottoir, un séjour à l'hôpital, un coma, court, mais quand même, et pourtant Vincent ne montre aucune séquelle physique (qui l'empêcherait de retourner au travail par exemple). Il va même jusqu'à qualifier lui-même cet incident de "broutille", de "non-événement", quand bien même il a radicalement changé sa perception de la réalité. Pour être franche, ça m'a donné l'impression que l'auteur avait besoin de trouver quelque chose qui puisse justifier un tel changement de comportement et qu'il s'est dit "Tien, une collision sur la route, c'est bien, c'est commun, c'est violent, ça ira". D'ailleurs, dans l'écriture même de la scène de l'incident ça se ressent ainsi. C'est rapide, sans détail, sans réelle violence. J'ai eu du mal à me représenter l'action parce que ça manque de contextualisation, il n'y a pas de "décor". Finalement, oui, ça ressemblait plus à un accident qu'à une agression volontaire.
Le manque de réalisme ? Je ne sais pas si je peux parler d'un manque de réalisme, mais à un moment, j'ai perdu foi en cette histoire à cause de l'irrationalité de l'attitude du personnage. J'ai parfois cru à un rebondissement fantastique qui n'est jamais arrivé. Ne parlons pas de sa façon de penser qui est incohérente tout au long de l'histoire puisqu'un coup il est antispéciste et l'autre coup il prône la supériorité humaine sur l'animal, tantôt le voilà raciste puis il se dit ouvert, pareil concernant l'âge, puis il crache sur les non-éduqués tout en reprochant à certain leur "bonne" éducation. C'est à s'y perdre. Mais peut-être que la fin a raison de mes questionnements... Et là-dessus, je ne peux pas vous en dire plus, je ne compte pas spoiler.
Un roman en demi teinte
Pour conclure, je suis sortie déçue de ma lecture parce que j'avais beaucoup d'attente avant de le lire (la couverture y est pour quelque chose, et les chroniques de lecteur.ice.s aussi). Mais je crois en le potentiel de l'auteur qui met de l'intention dans son roman, et qui ne va sans doute pas s'arrêter à ce dernier. D'ailleurs, il a depuis publié un recueil de nouvelles noires intitulé La 28e nuit.
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mhraymond · 12 days ago
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Je viens de terminer «Changer l’eau des fleurs», les yeux brouillés de larmes 😭 Je suis en deuil. Violette Toussaint, garde-cimetière d’une petite ville de Bourgogne, va beaucoup me manquer. En fait, tous les beaux personnages complexes et attachants de ce magnifique roman vont me manquer. L’auteure, Valérie Perrin, réussit à nous tenir en haleine avec plusieurs histoires imbriquées les unes dans les autres dont les chutes sont à la fois nombreuses et inattendues. Elle ponctue son récit de références à des livres, à des chansons et à des films qu’il me tarde de (re)découvrir. J’ai d’abord eu un coup de cœur pour le titre (si doux) et la couverture (les tulipes blanches sont mes préférées de toutes) puis, au fil de ma lecture, pour les valeurs véhiculées: la bonté, la générosité, le bonheur qui réside dans les petites choses de la vie… La vie, si précieuse 🤍 Une lecture qui remet les priorités au bon endroit et qui incite à devenir une meilleure version de soi.
10/06/21
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aoania · 17 days ago
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Quand par les soirs d'été le ciel harmonieux gronde comme une bête fauve et que chacun boude l'orage, c'est au côté de Méséglise que je dois de rester seul en extase à respirer, à travers le bruit de la pluie qui tombe, l'odeur d'invisibles et persistants lilas.
Du côté de chez Swann, Marcel Proust.
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aoania · 17 days ago
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Comme les rives étaient à cet endroit très boisées, les grandes ombres des arbres donnaient à l'eau un fond qui était habituellement d'un vert sombre mais que parfois, quand nous rentrions par certains soirs rassérénés d'après-midi orageux, j'ai vu d'un bleu clair et cru, tirant sur le violet, d'apparence cloisonnée et de goût japonais.
Du côté de chez Swann, Marcel Proust.
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aoania · 17 days ago
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Et j'aurais voulu pouvoir m'asseoir là et rester toute la journée à lire en écoutant les cloches ; car il faisait si beau et si tranquille que, quand sonnait l'heure, on aurait dit non qu'elle rompait le calme du jour, mais qu'elle le débarrassait de ce qu'il contenait et que le clocher, avec l'exactitude indolente et soigneuse d'une personne qui n'a rien d'autre à faire, venait seulement - pour exprimer et laisser tomber les quelques gouttes d'or que la chaleur y avait lentement et naturellement amassées - de presser, au moment voulu, la plénitude du silence.
Du côté de chez Swann, Marcel Proust.
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orendil · 20 days ago
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Une fois, j'ai même écrit [...] que je considérais les poètes et les artistes en général comme prisonniers de leurs propres mensonges, comme des imitateurs d'imitations, [...].
Umberto Eco, Confessions d’un jeune romancier
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emvay · 20 days ago
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Le lendemain matin, je me lève un peu plus tôt que d'habitude.
Je sors de ma maison mais, en ouvrant la porte, quelque chose la bloque.
J’arrive à sortir avec la porte pas entièrement ouverte, et je trouve un petit coli contre.
-Coucou ! Me dis ma voisine en me faisant signe, avec son collier à la main.
Je la regarde.
-Les colis de nourriture ne sont-ils pas censés se faire le jour C et le jour F uniquement ? Je lui demande.
-Si si.
-On est quel jour ?
-D.
Je regarde à nouveau le coli. C'est assez petit, de la taille de ma main, rectangulaire, enroulé de papier gris avec une petite ficelle noire.
Je défais délicatement le nœud et je déchire le papier.
Dedans se trouve une petite boîte et un mot.
"J'espère que tu vas bien, Matt. Ce sont tes médicaments. Tu dois en prendre quand tu manges ta nourriture. Tu te sentiras mieux. (N'en prend pas trop.)
J'ai bien demandé à ce qu'on te donne un nouveau bac, ils sont en train de le remplir de terre et de l'inspecter. J'espère que tu le recevras bientôt et que tu t'amuseras bien.
Prends soin de tes plantes.
-Patrouilleur 2782."
Je souris sans m'en rendre compte. Puis je regarde ma voisine, toujours en souriant.
-Alors ?
-Des médicaments. Rien d'extraordinaire, mais le mot me fait plaisir.
-Amoureux ?
Je la regarde, puis rigole.
-Dans tes rêves.
Je prends la petite boîte de médicaments et le mot puis je vais à l'intérieur, en essayant de cacher mon petit sourire.
J'ouvre ma petite armoire et pose mes médicaments à côté de mes vêtements. Je ne savais pas que je pouvais prendre des médicaments tout seul, je pensais que les marcheurs uniquement pouvaient nous en donner quand nous étions malades.
Je pose le petit mot sur le meuble, délicatement, et le regarde quelques secondes avant de retourner à l'extérieur.
-Je peux avoir la ficelle ? Me demande ma voisine.
-T'es folle ? On n'a pas le droit de se donner des trucs.
-Mouais.
Elle regarde ma ficelle.
-Si j'avais le droit de l'avoir, tu accepterais de me la donner ?
Je la prends dans ma main et l'examine.
-Peut-être bien.
-Je peux dire ça après mon test ? Peut-être qu'un marcheur viendra prendre ta ficelle et me la donnera.
-Pourquoi ne pas directement demander de la ficelle ?
-Ils n'accepteront pas.
-Alors ils n'accepteront pas non plus de te donner la mienne.
-On verra.
-J'en prendrai soin en attendant la réponse, dis-je avec un petit sourire narquois
Je prends l'emballage en papier un peu déchiré et la ficelle. Je plie le papier et le mets dans le tiroir en dessous de mes vêtements et de mes médicaments, qui était vide jusqu'à présent. Puis je dépose gentiment la ficelle.
Je sors à nouveau.
-Demain on va tondre la pelouse.
-Ouep.
Je suis, d'habitude, beaucoup plus enjoué à cette idée, mais, pour une fois, ce n'est pas "Le seul moment où je fais quelque chose d'intéressant".
Je prends mon arrosoir et arrose distraitement mes plantes.
Lise me regarde faire, à moitié allongée sur le sol
-Pour être honnête, je suis un peu jalouse.
Jalouse ? Pourquoi être jalouse ? Je la regarde d'un air inquiet.
-De moi ?
-Ouais.
-Pourquoi ?
Elle marque un petit temps d'arrêt et laisse sa tête tomber sur le sol.
-Tu reçois un bac, un arrosoir, des plantes, tu peux voir des gens, on s'occupe de toi, tu te réveilles le matin avec une lettre et de nouveaux cadeaux, et tout ça sans respecter le protocole.
C'est vrai que j'en ai de la chance. Elle doit s'ennuyer, elle, à juste me voir avoir des trucs et d'être obligée de rester avec ses perles et sa ficelle.
Je me sens mal maintenant.
-Je suis désolé. Je ne sais pas pourquoi ils s'occupent de moi comme ça, c'est nouveau pour moi aussi.
-Moi aussi je suis triste, mais tout le monde est triste, et je râle pas dans les tests quotidiens.
-Râler ? Je n'ai même pas râlé. En fait, c'est même parce que TU t'es plainte de moi qu'ils sont venus.
Alors merci à toi d'avoir attiré leur attention sur moi.
Ses yeux brillent.
J'en ai peut-être fait un peu trop, mais je ne vois pas pourquoi elle se mêle de ça, si je n'avais rien eu, ça n'aurait rien changé pour elle.
Elle baisse la tête et lâche ses perles, qui s'arrêtent à la grille, presque assez petite pour passer, mais ne passant qu'avec de la force.
-Je suis désolé, mais tu as ruiné ma bonne humeur, lui dis-je.
-Tu es méchant avec moi, tu ne me parles que car je t'attends, et que je suis la seule voisine qui veut bien parler avec toi, mais tu me parles mal, et tu ne t'en rends pas compte.
-Je m'en excuse. Je m'en vais si c'est mieux.
Je pars et retourne à l'intérieur, essayant de faire comme si ça ne me touchait pas. Je m'assois près de mon bureau, déplace la tablette, croise mes bras et laisse ma tête tomber dessus.
Je m'apprête à fermer les yeux jusqu'à ce que je me souvienne du mot de la marcheuse. Je le prends dans mes mains et le lis pour me sentir mieux.
Quand vient l'heure de répondre à mon test, je bloque. Est-ce que j'ai été heureux aujourd'hui ? Oui, mais j'ai aussi été très triste, est-ce que je dois dire triste alors que j'ai été heureux au début ? Ou peut-être "J'étais heureux et maintenant je suis triste." ?
Je soupire.
J'ai des maux de ventre juste en pensant à Lise. Suis-je si méchant ?
Je ne laisserai pas ma journée être ruinée comme ça.
Je me lève de ma chaise et sors.
Elle n'est pas derrière la grille.
-Lise ?
Je m'assois et attends. Je n'ai toujours pas reçu mon bac, mais ça ne m'inquiète pas plus que ça, on m'a dit que ça prendrait du temps.
-Liiise ?
Je penche un peu la tête, essayant de peut-être voir la porte entrouverte...
Mais je vois mieux que ça.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Me répond-elle, fermant la porte derrière elle.
-Je suis désolé.
-Ok.
On se regarde. Puis je regarde le grillage.
-T'as dis dans ton test que tu voulais ma ficelle ?
-Non.
Je me lève et trottine jusqu'à ma maison. Une fois dedans, j'ouvre le premier tiroir, vois mes vêtements, le referme et ouvre le deuxième.
Je prends ma cordelette et je retourne près du grillage.
Elle était sur le point de partir à nouveau.
-Regarde !
Elle se retourne, je glisse la ficelle entre le grillage.
-T'as pas le droit de faire ça.
-C'est toi qui m'a donné l'idée!
Elle s'approche et tire tout doucement sur l'autre bout de la ficelle, pour que celle-ci tombe de son côté.
-Je t'adore, je ne voulais pas être méchant, t'es un peu bizarre mais t'es comme ma soeur, je tiens à toi, s'il te plaît pardonne moi. Je ne veux pas que tu te sentes seule, mais moi je n'en peux plus et je veux profiter des quelques trucs cools qui peuvent m'arriver, je pourrais essayer de parler à cette fille pour qu'un marcheur vienne te voir toi aussi ! Et même t'envoie des lettres !
Elle me regarde avec un petit sourire.
-T'es adorable Matt, merci, ce n'est pas ta faute, je ne me sens pas très bien non plus et t'es la seule personne que je trouve à blâmer. Elle regarde l'ouverture en haut à sa gauche et continue,
-Je veux sortir d'ici.
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emvay · 20 days ago
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Je prends mon arrosoir, en me frottant un œil de la main libre.
Me préparant sur le chemin pour revoir ma chère voisine, j'attache à l'aveugle mes cheveux en un chignon chaotique.
En sortant de ma petite et chaude maison, la lumière m'agresse comme des centaines de lampes à 3 centimètres de mes yeux.
Après les quelques secondes dont ils avaient besoin pour s’habituer à celle-ci, j'aperçois la voisine habituelle près de la grille, à compter ses perles.
-Ah bah, tu prends ton temps.
Je lui lâche un grognement en guise de réponse et m'assoie lourdement sur le sol, devant mon bac et ma voisine, puis, je mets l'arrosoir qui était à côté de moi sur mes genoux.
-Ta grille à des trous, en haut à droite, tu dois appeler un marcheur pour qu'il vienne la réparer.
Je lève la tête. Effectivement, il y a un trou de 5 ou 6 centimètres tout en haut de la grille, suivis de quelques autres tout petits trous.
-Boarf, c'est pas comme si j'allais passer ma main par là.
-C'est dans le protocole.
Je la regarde. Elle peut se le mettre là où je pense, son protocole. Le trou est à 6 mètres de moi, au moins. C'est pas ça qui met en danger le règlement.
Je me lève difficilement et arrose mon bac à plantes.
-Ça pousse bien, constaté-je
-J'arrive toujours pas à croire qu'ils t'ont donné des plantes, chanceux. Moi je joue avec l'herbe.
Il y a quelques mois, j'ai arrêté de répondre aux tests quotidiens. Quand des marcheurs sont venus voir si j'étais encore en vie, je leur ai juste expliqué que j'étais triste, que je n'avais rien à faire, et que je m'ennuyais.
Ils m'ont alors donné un bac, de la terre, des graines, et un bel arrosoir. Je ne pense pas que ces plantes servent à grand chose, mais ça me fait plaisir de m'occuper d'elles. Pour être honnête, je ne savais même pas que je pouvais donner vie à des plantes. La seule verdure que je connaissais avant ça, c'est ma pelouse, et elle est là depuis ma naissance, même avant. Tous les jours F, on doit la tondre, puis des marcheurs survolent en drone pour voir si elle est bien tondue chez tout le monde. C'est chouette, mais les autres jours, je m'ennuie.
Quand je finis d'arroser mes plantes et que je n'ai pas d'herbe à tondre, je parle avec ma seule voisine dehors. Les autres ne sortent pas beaucoup de leurs maisonnettes.
Elle, elle assemble des perles. C'est toujours les mêmes ! Elle a un fil et quelques perles, ça doit être un peu répétitif. Mais parfois elle fait un nœud et compte jusqu'à mille, juste en comptant les perles et en tournant son collier. Puis, elle détache le nœud et retire ses perles. Pour pouvoir les remettre le lendemain matin.
Je relève ma tête. Toujours en haut à droite de la grille, le petit trou. Je me demande quand même comment il a fait pour arriver là. Ce n'est pas comme si je tirais sur le filet ou quelque chose comme ça.
Je me couche sur l'herbe.
-Tu vas salir tes vêtements.
-Oh, ta gueule.
Je prends une grande respiration. Je devrais peut-être mentionner le petit trou dans mon test quotidien, mais je n'ai pas envie que des gens viennent remplacer ce filet. Ils risquent d'abîmer les plantes qui sont sur le chemin.
Ils pourraient passer par chez ma voisine, mais ils ne cherchent vraiment pas la facilité...
"f) Comment vous sentez-vous aujourd'hui ?"
Je coince toujours sur cette question. J'avoue que s'ils me donnaient des cadeaux à chaque fois que je me sentais mal, je le dirais plus souvent.
Mais à part si je refuse complètement de vivre, ils ne font rien. Je ne comprends donc pas trop à quoi ça sert de me demander ça.
"Comme hier."
Je réponds ça depuis des années, est-ce qu'il y a vraiment des gens qui lisent ça de toute façon ? Et qui ? Des marcheurs ?
"g) Vous ennuyez-vous ?"
Bah oui, connard, je suis enfermé dans un cube.
Ça n'a pas l'air de déranger les gens, mais c'était plus fun quand mes frères et sœurs étaient avec moi. À nos 14 ans, ils nous ont tous séparés.
Je n'ai aucune idée d'où ils sont allés, mais loin de moi, en tout cas. Je ne comprends pas pourquoi on ne les a pas fait emménager dans un cube à côté du mien.
"Plutôt, oui."
Ça me fatigue de répondre à ça tous les jours, les premières années j'étais créatif, mais là...
J'ai hâte qu'ils nous posent de nouvelles questions.
Même s'ils ne prennent pas compte des réponses, au fond, je me doute bien que des gens lisent tout ça. Je ne sais pas quel est leur quotidien, peut-être une rangée de cubes qui ne sert qu'à ça : Lire les questions et prévenir les marcheurs si quelque chose de grave arrive.
C'est sûrement comme ça qu'ils ont su que j'arrêtais de répondre.
"Quelque chose à ajouter : place libre."
Avant, je faisais des dessins dans cet endroit. Maintenant, je le laisse vide ou je parle des perles de la voisine que je retrouve de mon côté du filet.
Je devrais parler du trou...Mais j'en ai pas trop envie. Ma voisine le fera, elle.
J’appuie sur "terminer", ça me demande de valider et puis la tablette s'éteint. Je dépose mon stylet et sort à nouveau de chez moi.
J'aime bien sortir après le couvre-feu. Il fait tout noir, je peux voir toutes les petites lumières de toutes les petites maisons.
Normalement il y a des marcheurs qui patrouillent pour vérifier que l'on reste bien à l'intérieur la nuit, mais je suis trop loin d'une route de marche pour être vu. Je dois juste rentrer avant qu'ils lancent les drones, entre 23h et 5h du matin.
22h est donc mon heure préférée, l'heure à laquelle les lumières s'allument toutes et que le ciel s'assombrit.
Les lumières ne sont censées être utiles que pour les marcheurs et les drones, mais elles sont quand même très jolies à mes yeux.
Je me sens un peu plus fatigué que d'habitude, donc je rentre chez moi, et ferme doucement la porte pour qu'aucun marcheur ne m'entende. Parfois, il fait si calme que je peux même les entendre parler entre eux, à des dizaines de rangées de cubes de chez moi.
Ça doit être chouette d'être marcheur.
Je regarde mon lit, puis je baisse les yeux. Rien ne dit qu'on ne peut pas rester éveillés à l'intérieur. Je m'assois sur le sol et compte mes cheveux. Puis j'allume à nouveau la tablette pour voir l'heure qu'il est. 23h50, pourtant je n'entends pas de drones.
Je m'allonge sur mon lit, face au mur, et je ferme les yeux.
---
Je me fais réveiller par une main sur le haut de mon bras. Il me faut quelques secondes avant de réaliser et d'hurler.
Un marcheur dans ma maison, ma voisine a dû les prévenir pour le grillage
-Pas trop fatigué ? Monsieur qui se couche à pas d'heure.
-Pardon ?
-Tu pensais que ça ne se saurait pas?
-Je n'ai pas le droit d'allumer ma tablette à minuit ?
-Allumer ta tablette à minuit ? Euh… si, si, mais par contre tu n'as pas le droit de décaler ton heure de sommeil comme ça. Ta voisine nous a dit que tu te levais très tard.
Très tard ? C'est elle qui se lève tôt.
Je regarde la personne avec les sourcils froncés d'incompréhension et de surprise.
-Je ne me lève pas tard car mon heure de sommeil est décalée, je me lève tard car je n'ai pas envie de sortir de mon lit, et je sais que quand je suis éveillé je m'ennuie. Je réponds.
-Habille-toi puis viens, on va parler un peu.
Iel sort de ma maisonette et mon cœur palpite. J'imagine qu'iel m'attend dans le jardin. Je ne sais pas ce qu'il va se passer, je vais être privé de mes plantes ? Je vais me faire crier dessus ? Je vais avoir un test spécial ? Quelqu'un qui vérifie mon heure de sommeil ? J'ai peur, et en même temps je suis excité, il se passe enfin quelque chose. Même si j'ai des problèmes, ça sortira de ma routine.
J'ouvre le petit meuble à côté de mon lit. Dedans se trouve des dizaines de t-shirts bleus pâles, avec, à côté, des dizaines de pantalons gris clairs, tous bien rangés, bien repassés, bien pliés.
Je prends le premier t-shirt, le premier pantalon et je les enfile.
Puis, je prends un élastique et me fais une queue de cheval rapide.
J'avance vers la porte et sors, bien habillé. Je regarde la personne et elle me regarde en retour, puis s'assied sur l'herbe.
-Assied-toi.
J'obéis, et lae regarde.
-Tu vas bien ? Me demande-t-iel.
-Oui.
-Sûr?
-Non.
Iel prend une petite tablette de sa poche et se met à écrire des choses avant de la ranger à nouveau.
-Tu n'aimes pas ta nourriture ?
-Si, si.
-Tes voisins ?
-Ils sont bien.
Je regarde à côté de moi. Ma voisine, où est-elle ? Elle est sensée être dehors à cette heure-ci.
-Lise, el-
-Elle est à l'intérieur. Je lui ai demandé de rester chez elle et de ne pas écouter, le temps qu'on parle, tous les deux.
Ça fait si bizarre que quelqu'un s'intéresse à moi, j'ai des papillons dans le ventre.
-Vous allez me donner un nouveau bac ? Dis-je en souriant.
Iel regarde mon bac.
-Tu n'aimes pas celui-ci ?
-Si si. Je veux pas qu'on me change mon bac, je me demandais si je pouvais en avoir un nouveau.
-Non.
Réponse claire…
-Si tes voisins et ta nourriture sont bien, où est le problème ?
-Le trou dans ma grille.
C'est sorti tout seul, ce n'est même pas un problème.
-Tu veux qu'on te remplace ta grille ?
-Je veux...? Pas vraiment.
-Et bah alors.
-Ce n'est pas obligatoire ?
-Non, pas un trou aussi petit et haut. M'informe-t-iel.
Ma voisine est donc un poil dans l'exagération.
-Alors ce n'était pas un problème. Me dit-iel
-Effectivement.
-Voyons, Matt, tu nous caches quelque chose ? Tu peux nous dire si tu as un problème. Dans le test, et à moi.
-Vous ne m'aiderez pas.
-Alors qu'est-ce que je fais là ?
Iel a un point. Ils ne s'en fichent pas tant que ça de moi, vu qu'ils demandent à quelqu'un de venir dès que je me couche un peu tard.
Des larmes se mettent à couler de mes yeux, sans raisons particulières, je suis juste triste. Iel prend un air surpris, puis pose sa main sur mon épaule.
Iel ouvre la bouche mais je réponds avant qu'iel se mette à parler.
-Je suis seul, triste, et je m'ennuie.
Je peux voir l'inconfort dans ses yeux.
-Tu veux vraiment un nouveau bac ?
-Non, c'est pas ça, j'en ai juste marre.
-Marre de quoi ?
-Je sais pas.
Je vois dans son visage qu'iel se retient de me dire quelque chose qu'iel aimerait beaucoup dire. Quand iel aperçoit que je lae regarde, iel baisse les yeux.
-Tu as des frères et sœurs ?
-Oui.
-Comment ils s'appellent ? Je pourrai demander à te déplacer près de l'un d'eux.
-Je ne sais plus.
Ça fait trop longtemps que je ne les ai pas vu. Et on n'utilisait pas vraiment nos noms, on se criait juste dessus si on voulait s'appeler.
Je me mets à sangloter, ce qui lae met visiblement très peu à l'aise.
-Tu n'es pas censé pleurer comme ça, pourquoi tu pleures ?
-Parce que je suis triste.
-Ah...
Iel ressort sa petite tablette et écrit de nouvelles choses dedans, je regarde le sol et joue avec l'herbe en attendant.
-Tes plantes sont très jolies. Me dit-iel en écrivant. Comme si c'était quelque chose qu'iel gardait à l'intérieur depuis un moment.
-Merci, ça me fait plaisir. Je réponds, passant ma manche sur mes joues
-Heureuse que ça te fasse plaisir.
Donc c'est une fille.
Je la regarde en souriant, puis détourne le regard.
-Je vais devoir partir. Je demanderai à ce qu'on te donne un nouveau bac, j'espère que tu t'amuseras bien.
-Tu reviendras ?
-Si besoin.
Elle se lève de la pelouse et écrit quelque chose sur sa mini tablette. Après quelques minutes, un gros drone arrive vers nous et se pose sur le sol. Elle monte dessus, me faisant un signe "au revoir" de la main, et s'envole avec lui.
-Au revoir, Matt, j'espère que tu seras heureux.
Je ne réponds pas.
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prosedumonde · 20 days ago
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Memory Que faire quand un meurtre a lieu et que les seuls témoins sont atteints d’amnésie antérograde ? Comment trouver le coupable quand il se cache peut-être parmi des patients qui oublient ce qu’ils ont fait ou dit à peine cinq minutes après ? C’est le pari d’Arnaud Delalande avec Memory, publié au Cherche midi et dispo en librairie depuis le 14 janvier. Pourtant Memory ce n’est pas que ça, et pour cause ! L’entrée dans le roman est très intéressante malgré le fait qu’il n’y ait pas de lien avec les événements qui vont nous intéresser. Les premiers chapitres se concentrent sur Jeanne, l’héroïne, enlevée à ses parents lorsqu’elle était petite, et adoptée par un couple formidable. Son père policier vient de décéder quelques années après sa mère. Jeanne, esseulée, est déçue de ne pas avoir pu voir la fierté dans les yeux de son père à l’annonce de sa promotion. Jeanne est devenue lieutenant, elle marche dans les pas de son père adoptif. Les premiers chapitres autour de Jeanne, de son état d’esprit, de son histoire familiale m’ont énormément plu. On se croirait dans un contemporain où on suit cette femme qui doit apprendre à vivre seule, à vivre sans l’amour de ses parents. On est à des années lumières du genre policier en fait. L’histoire nous rattrape finalement et Jeanne est envoyée dans cet étrange institut perdu au milieu des arbres, la clinique Harmonia - déjà quand tu vois le nom tu sais qu’un truc cloche. A partir de là tout s’enchaîne extrêmement vite. On est pris dans un huis-clos étouffant avec des témoins tout sauf fiables et une héroïne prête à tout pour résoudre sa première enquête digne de ce nom. […] // • #allaroundthecorner 
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